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    SIHPP                                                                                                        

Compte-rendu de l’audience du 12 juin 2013

 au Tribunal de Grande Instance de Nanterre


Ce compte-rendu a été rédigé à partir des notes prises par diverses personnes durant l’audience. Il tient compte également des témoignages écrits produits dans le cadre du procès par les différentes parties. 

On pourra également  lire (onglet ci-dessous) le rapport rédigé par Laure Murat, professeur au Département d’Études françaises et francophones de l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA). On pourra également lire l'article qu'a publié Thierry Savatier sur son blog le 24 juin :  Curieux procès autour de l'affaire Kadivar

Rappelons que Jacques-Alain Miller poursuivait pour diffamation au civil trois associations (SIHPP, CIFPR, SNPpsy), deux sites, un facebook et trois personnes es qualité : Elisabeth Roudinesco, Henri Roudier, Philippe Grauer. 

oooOooo


L'audience a duré trois heures. Judith et Jacques-Alain Miller étaient accompagnés  d’une cinquantaine de personnes de l’ECF, dont Jean-Claude Maleval, Eric Laurent,  François  Leguil, ainsi que des habituelles rédactrices de Lacan Quotidien. L’assemblée a été surprise au moment de la plaidoirie de Christophe Bigot, par la sonnerie stridente du téléphone de Judith Miller. Il a fallu quelques minutes pour mettre fin à cet incident.

Les trois avocats se sont affrontés courtoisement (Christian Charrière-Bournazel pour Jacques-Alain Miller, Christophe Bigot pour le SIHPP, Henri Roudier et Elisabeth Roudinesco, Yann Streiff pour Philippe Grauerle CIFPR et le SNPpsy). Bigot et Streiff ont été d’une parfaite cohérence dans la défense de leurs clients. Pas la moindre divergence de fond mais une nette différence de style. La première vice-présidente du Tribunal de Nanterre, Madame Nicole Girerd,  entourée de deux assesseurs (deux femmes), était pressée d’en finir ce qui ne l’a pas empêchée de suivre attentivement les débats. Tout au long de l’audience, elle a semblé découvrir un monde qu’elle ne connaissait pas. Travail de routine pour un magistrat.

Mitra Kadivar, citée comme témoin par l’accusation, a raconté son «internement forcé» en expliquant qu'elle avait porté plainte en Iran contre ses voisins et contre le médecin «légiste» (il s’agit en fait d’un expert psychiatre «légal») qui l’avaient accusée d'être folle et que d'ailleurs,  ses psychiatres - notamment  Mohammad Ghadiri (chef du service de psychiatrie de l’hôpital universitaire de Téhéran) - lui avaient administré des injections de "placebo". Ce témoignage semble contredire ce qui est publié dans On nous écrit de Téhéran (1)  On lui a bien administré de l'halopéridol, un neuroleptique classique, comme le souligne d’ailleurs Afshin Zamani, dans un mail daté du 23 janvier 2013. Cette question a été soulevée par Streiff et Bigot. 

Mitra Kadivar est sortie de l’hôpital le 19 février 2013 après deux mois d’hospitalisation, ce qui est  fréquent en France à la suite d’une HDT (hospitalisation à la demande d’un tiers). Elle a rappelé qu’elle avait été hospitalisée à la suite d’une telle demande pour avoir voulu installer à son domicile privé un centre de soin pour toxicomanes. Ses voisins avaient signalé qu’elle avait des hallucinations auditives et que, notamment, elle était convaincue qu’un enfant faisait du bruit à l’étage supérieur. Pour s’en protéger, elle écoutait de la musique dont le  volume sonore  élevé  les gênait. Ils ont déclaré qu’il n’y avait pas d’enfant chez eux et que l’enfant habitait « dans la tête » de Mitra Kadivar, laquelle a ensuite contesté ce jugement et tenté de « prouver » l’existence de cet enfant. 

 Il n'était plus question lors de cette audience, d'internement abusif pour raisons politiques mais d'une hospitalisation contestée par la patiente et par Miller. C’est leur droit. Mais aurait-on l'idée de mobiliser 4500 personnes pour le même type d'hospitalisation en France? Elles ont lieu chaque jour. A l’évidence, le mot Téhéran a joué un rôle majeur pour l’obtention des signatures. Les signataires ont eu l’impression de soutenir une victime des islamistes. Et ils ignoraient qu’il n’existe pas d’internements psychiatriques politiques en Iran (selon le rapport d’Amnesty international de 2012). Quant à la prise de placébo, elle a fait l’objet d’une question posée par Bigot s'étonnant qu'on ait fait signer tant de célébrités pour «libérer» une patiente d'un traitement chimique si courant dans tous les pays. Une discussion entre les parties a montré que Madame Kadivar avait bénéficié d’un service de connexion par internet et de liaisons téléphoniques : Foad Saberan, psychiatre franco-iranien, avait souligné ce point dans un article publié sur le site de Olivier Douville et produit par la défense. 

Notons que dans On nous écrit de Téhéran, Miller propose de faire appel à Barak Obama et au pape (mail du 8 février 2013). Il compare Kadivar à de Gaulle, à Lacan, à Judith Miller, et lui-même à Churchill (mail du 6 février 2013). Il propose d’envoyer à Téhéran, pour une contre-expertise, une délégation de membres de son école. Le Quai d’Orsay refuse.

Mitra Kadivar a affirmé que le mot "miracle" utilisé à plusieurs reprises dans On nous écrit de Téhéran, pour désigner les "soins" administrés par Miller depuis Paris et par mail était une "métaphore". Bigot a protesté en soulignant que la métaphorisation du terme ne figurait pas dans le texte de ces échanges mais que, au contraire, il était employé, le plus souvent, au premier degré. Il a demandé ensuite au témoin ce qui lui permettait d’affirmer que le diagnostic de Miller était supérieur à celui des psychiatres : « Je suis médecin, a-t-elle répondu,M. Miller me connaît bien et sait que je dis la vérité ». Une telle déclaration, reprise comme « preuve » par Charrière-Bournazel, n’est pourtant pas de nature à apporter la « preuve » de la supériorité d’un diagnostic sur un autre.  Bigot fera ensuite remarquer que ce procès porte sur un texte qui en critique un autre et jamais sur la personne de Jacques-Alain Miller en tant que sujet.

Laure Murat (professeur à l'UCLA), bilingue (anglais-français), était citée comme témoin par la défense   (on peut lire ci-dessous son témoignage écrit). Elle a plaidé la liberté d'expression, expliquant, en tant qu'historienne de la psychiatrie, que, dans On nous écrit de Téhéran, Miller prétendait, à distance et parfois dans un anglais « véhiculaire » (c’est-dire globish), opposer une «recette miracle» fondée sur la psychanalyse (la sienne) au savoir psychiatrique de ceux qui soignaient Mitra à Téhéran en l’ayant examinée. Cette querelle de diagnostic n’a pas à être jugée devant un tribunal, a-t-elle souligné.  Charrière-Bournazel a rétorqué qu'elle n'était pas psychiatre, ce qui lui a valu une réponse ferme de Bigot sur le fait que Miller ne l'était pas non plus. Et que le tribunal n’avait pas à se prononcer sur une querelle entre un psychanalyste parisien éloigné du terrain et des psychiatres travaillant sur place et ayant examiné leur patiente. Ni entre la psychanalyse et la psychiatrie.

Charrière-Bournazel a chargé Roudinesco tout au long du procès en affirmant qu’elle persécutait depuis des années son malheureux client et sa malheureuse famille. Il semblait oublier que cette famille et leurs proches sont pourtant bien connus des tribunaux : procès multiples contre des membres de l’ECF, procès contre les éditions du Seuil, contre une cinéaste, procès multiples à propos du Séminaire de Jacques Lacan, notamment entre Miller et Charles Melman, son ancien analyste. 

Le dossier d’accusation avait été préparé par maître Claude Duvernois, avocat postulant (de Nanterre). Charrière-Bournazel a insisté à de nombreuses reprises pour affirmer que Roudinesco était l'auteur du texte critique (incriminé dans ce procès) et diffusé par le Bulletin de la SIHPP et qui, en réalité, est celui d’un correspondant (bilingue français-anglais), lequel ne l’a pas signé, comme cela est fréquent dans de telles publications. Ce texte a d’ailleurs été repris  sur d’autres sites (celui de Olivier Douville par exemple). Bigot a réaffirmé avec force qu’Elisabeth Roudinesco n'était pas l'auteur de ce texte, ce qu’elle a toujours dit  et que la SIHPP avait le droit de diffuser des textes de correspondants dont les opinions étaient contraires à celles de Miller, lequel ne semblait plus désormais tolérer, a-t-il ajouté, aucune autre opinion que la sienne. Il a indiqué que Elisabeth Roudinesco n’était pas directrice de publication du site de la SIHPP. Notons qu’elle n’est pas bilingue (anglais-français) et qu’elle ne connaît pas le globish. Elle assume toutefois la responsabilité de cette publication dans le Bulletin de la SIHPP. 

En bref, Bigot a plaidé la liberté d'expression contre la pensée unique que Miller chercherait à imposer à travers une pétition qui s’appuie notamment sur Carla Bruni et Bernard Henri Lévy dont les compétences en matière de psychiatrie devraient être examinées. Charrière-Bournazel n'a pas été capable de "prouver" que Roudinesco était l'auteur du texte incriminé. Il a brandi un document qui indiquait le contraire : une page de son facebook soulignant qu’elle avait "répercuté" le texte… Moment important de l'audience qui a permis de constater qu'on faisait ce procès à la SIHPP uniquement pour attaquer Roudinesco. Ce débat a suscité l'attention de la présidente du tribunal.

Belle plaidoirie en forme de "remerciements" (avec anaphore et oxymore) de Yann Streiff qui a dit qu'il plaidait pour un psychothérapeute (Philippe Grauer) ayant, lui aussi, le droit d'exister dans cette affaire. A l’évidence, et on le comprend aisément, la première vice-présidente avait du mal à faire la différence entre psychiatrie, psychanalyse et psychothérapie. 

Toute la salle du tribunal était investie par les partisans de Miller qui peinaient à se tenir tranquilles. Du côté de la défense, une dizaine de personnes seulement étaient présentes. La greffière n’avait pas de moyens techniques pour prendre des notes et la présidente du tribunal semblait excédée d’être contrainte de répéter mot à mot les déclarations des témoins.

L'appel à soutien en faveur de Roudinesco et des accusés, lancé par Pierre Delion et Olivier Douville, ainsi que le blog de Thierry Savatier et celui de Michel Rotfus occupent une place centrale dans les Conclusions de la défense présentées au tribunal. Ces documents ont permis à Bigot de montrer que plus de 600 personnes (700 à ce jour), parmi lesquels une majorité de psychiatres et de psychanalystes de toutes tendances - avec à leurs côtés des historiens, des philosophes, des écrivains, des penseurs et des spécialistes - ne partagent pas les opinions de Miller et de Kadivar.  A l'évidence,  la lecture de quelques signatures a impressionné les partisans de Miller. D’où des bruissements de salle auxquels il a fallu mettre fin. Plusieurs noms ont été cités : Elisabeth Badinter, Catherine Clément, Michèle Perrot, Benjamin Stora, Jean-Pierre Sueur, Daniel Widlöcher, Michel Wieviorka

Bigot a achevé sa plaidoirie en affirmant haut et fort que Miller tentait d'instrumentaliser la justice française en général et le tribunal de Nanterre en particulier. Et il a demandé à Madame Nicole Girerd de débouter Miller de sa demande de plainte en diffamation sous peine de voir se développer en France de multiples procès inutiles du même ordre.

Moment d'autant plus fort que Sreiff est revenu à la charge sur cette question et a terminé sa plaidoirie (1) sur une phrase de Lamartine - « Je suis concitoyen de tout homme qui pense : La liberté, c’est mon pays ! » -  pour rappeler aussitôt à quel point elle sert de devise à Charrière-Bournazel qu’il n’a cessé d’appeler «le Bâtonnier, primus inter pares» en soulignant qu’il avait été son élève. 

  Délibéré le 11 septembre

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(1) Texte de 70 pages en forme d’échange de mails du 12 décembre 2012 au  8 février 2013 entre Miller, Kadivar et ses psychiatres, en anglais et en français, Navarin, Le Champ freudien, 2013, publication numérique).

(2) On en trouvera le texte sur le site du CIFPR 


 

Communiqué de la SIHPP

25 septembre 2014


Procès Judith Miller vs Elisabeth Roudinesco, Olivier Bétourné, Editions du Seuil

A propos de l'ouvrage 'Lacan, envers et contre tout.

 

En novembre 2011, Judith Miller intentait un procès en diffamation contre Elisabeth Roudinesco, Olivier Bétourné et les Editions du Seuil au titre d'un passage du livre écrit par Elisabeth Roudinesco : 'Lacan, envers et contre tout ; voici le passage en question "Bien qu'il eût émis le voeu de finir ses jours en Italie, à Rome ou à Venise, et qu'il eût souhaité des funérailles catholiques, il fut enterré sans cérémonie et dans l'intimité au cimetière de Guitrancourt."

On se  souvient que le Tribunal de de Grande Instance de Paris avait en première instance  donné raison à Judith Miller, sans pour autant empêcher la diffusion de l'ouvrage. 

Elisabeth Roudinesco, Olivier Bétourné et les Editions du Seuil avaient alors interjeté appel. L'arrêt du jugement en appel vient d'être publié.  Il infirme les décisions du jugement précédent. En particulier, il constate la nullité de l'assignation délivrée à Olivier Bétourné et  conclut en affirmant que les propos reprochés ne sont  pas diffamatoires à l’égard de Judith Miller.

 Les considérants du texte sont beaucoup trop longs pour être publiés dans ce bulletin. Vous en trouverez quelques passages ci-dessous.

On peut avoir accès à l'intégralité du jugement (version pdf) en cliquant sur le module pdf ci-dessous. 

On trouvera également sur le blog de Michel Rotfus un rappel et une analyse des faits en question ; cliquer ici  

Bien à vous 

Henri Roudier

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Voici quelques extraits des considérants du jugement du 24 septembre où les juges reviennent sur la phrase incriminée. 

 (…) Considérant (….) que l’historienne y évoque les deux dernières années et la vie de Jacques Lacan sans faire la moindre allusion à ses proches, ni à sa vie privée ou familiale ; que tout le chapitre est construit sur les oppositions (« la mort »/ « la bravade »,… « de faux noms » / « le nom de Lacan demeurait vivant », « envers »/« contre tout » qui s’inscrivent dans la mise en lumière des paradoxes ayant traversé la vie de Jacques Lacan, l’antagonisme en cause dans les propos litigieux n’étant pas entre la volonté du défunt et la conduite de ses héritiers mais entre Lacan et Lacan lui même ; que c’est à tort que le tribunal a considéré qu’Elisabeth Roudinesco s’était ainsi livrée «  a posteriori » à une interprétation destinée à effacer le sens de son propos en lui reprochant de ne pas avoir suivi la même formulation dans un ouvrage précédent –« Lacan était athée, même si par bravade il avait rêvé un jour de grandes funérailles catholiques »- alors qu’il aurait dû en déduire  que ce sens ne pouvait être différent et que personne ne peut douter à la lecture de l’ouvrage que Jacques Lacan était athée ainsi qu’elle le précise en pages 122-123 ; que le tribunal s’est donc mépris sur l’identité de la personne visée par les propos à savoir Jacques Lacan lui-même, et non sa fille, le souhait émis d’avoir des funérailles catholiques n’étant évoqué » que pour éclairer l’importance symbolique que le psychanalyste pouvait accorder à l’acte des funérailles ;

 

Considérant (…)qu’en l’espèce les deux phrases composant le passage litigieux selon lesquelles Jacques Lacan a …«souhaité des funérailles catholiques » » et a « …été enterré sans cérémonie et dans l’intimité au cimetière… » ne contiennent aucune imputation à caractère diffamatoire ni même inexacte, Elisabeth Roudinesco ayant déjà évoqué dans un ouvrage précédent le « rêve » qu’aurait fait Jacques Lacan de grandes funérailles catholiques ; que le caractère diffamatoire du propos résulterait de l’emploi de la locution conjonctive « bien que » et de l’opposition sur laquelle la phrase est construite entre le souhait exprimé  par Jacques Lacan et la réalité contraire de ses obsèques, ce qui conduirait nécessairement le lecteur à comprendre que le souhait exprimé par Jacques Lacan quant à ses funérailles n’a pas été respecté et que ses proches, dont sa fille Judith Miller, seraient responsables de cette trahison, non seulement contraire à la morale mais également pénalement réprimée ;

 

Considérant (…) que le paradoxe qu’Elisabeth Roudinesco dit avoir voulu mettre en lumière, entre le souhait de Jacques Lacan malgré son athéisme, et par attachement à la portée symbolique de la sépulture d’avoir des funérailles catholiques, autrement dit que sa vie, son œuvre puissent recevoir à sa mort un consécration en grande pompe, et, « ironie du destin », sa disparition silencieuse sans cérémonie et dans l’intimité n’apparaît pas nécessairement résulter d’une construction intellectuelle faite a postériori pour les besoins de la procédure ; qu’il (…) n’est à aucun moment fait état de sa vie privée où familiale ni allusion à ses proches ou à sa fille en particulier, ce qui confirme que, comme le soutient Elisabeth Roudinesco, celle-ci a entendu mettre en regard, outre l’opposition relative aux funérailles, celle existant entre le silence de Jacques Lacan, sa popularité et son attitude dite de « bravade » antérieure et donc mettre en lumière « les paradoxes » de Jacques Lacan et nullement imputer à ses proches, à travers ces quelques lignes relatives aux funérailles, un quelconque grief de trahison ;

 

Par ces motifs, la cour

 

 (…) dit que les propos reprochés ne sont pas diffamatoires à l’égard de Judith Lacan épouse Miller,

Déboute en conséquence Judith Lacan épouse Miller, de ses demandes. 

La condamne à verser 3000€ à Elisabeth Roudinesco et 3000€  à la société Les Editions du Seuil au titre de l'article 700 du code de procédure civile ainsi qu'aux entiers dépens. "

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Rapport de Laure Murat

Tribunal de Grande Instance de Nanterre. 
Palais de Justice de Nanterre
12 juin 2013, 17 heures


Laure Murat

Citation à témoin dans le cadre d’une procédure de diffamation publique


Je ne viens pas ici témoigner en faveur d’Elisabeth Roudinesco, que je connais peu et depuis peu de temps, ou d’Henri Roudier et Philippe Grauer que je ne connais pas du tout, mais en faveur d’une société savante, la Société Internationale d’Histoire de la Psychiatrie et de la Psychanalyse (SIHPP), dont le bulletin d’information, que je reçois, se caractérise par son sérieux et sa sobriété – à la limite, même, de l’austérité. Que ce soit ce bulletin confidentiel qui soit précisément mis en cause m’a beaucoup étonnée, et plus encore que soit incriminé l’article portant sur le dernier ouvrage de Jacques-Alain Miller, On nous écrit de TéhéranAutour de Mitra Kadivar (Navarin & Le Champ freudien, 2013). La raison pour laquelle j’ai accepté de témoigner est que cette assignation m’a paru porter atteinte à la liberté d’expression, d’autant plus que l’article en question est plutôt réservé dans le fond comme dans la forme. J’y reviendrai.

En tant qu’historienne de la psychiatrie, j’ai consulté dans ma vie des milliers de documents, de registres des asiles et de dossiers médicaux. Or mes recherches dans les archives, en particulier pour mon dernier livre qui porte sur les rapports de la folie et du politique au XIXe siècle (1), m’ont convaincue d’une chose cruciale, que j’aimerais indiquer en préalable à mon témoignage.

Tous les jours, les experts auprès des tribunaux donnent des avis contradictoires, également motivés, sur l’état mental de tel ou tel prévenu. On l’a vu récemment avec le terroriste norvégien Anders Breivik, que deux psychiatres avaient déclaré schizophrènes, quand une contre-expertise a conclu à l’absence de tout trouble mental. Je cite cet exemple un peu spectaculaire pour mieux faire comprendre la difficulté d’établir certains diagnostics, a fortiori lorsque les enjeux sont tels qu’ils conditionnent le type et la lourdeur de la peine.

S’il est difficile d’établir un diagnostic unanime à partir d’un patient interrogé par les hommes de l’art et dans les règles de l’art, il est pour ainsi dire impossible de juger à distance et sur documents, avec fiabilité, de l’arbitraire ou de la légitimité d’un internement, en particulier en l’absence du dossier médical. Quand bien même le dossier médical est consultable, le jugement porte sur un texte dont la particularité est de reposer sur une imbrication de récits subjectifs (celui du patient, de la famille, de l’entourage, du milieu professionnel, etc.) retranscrits ou résumés par le médecin. Plusieurs voix singulières (y compris celle du médecin) se superposent donc pour faire surgir une « vérité clinique » sur laquelle les spécialistes ne sont pas toujours d’accord. C’est dire à quel point, en l’absence de consultation directe avec le patient et une analyse de son comportement sur le long terme, une évaluation à distance, à travers des écrits disparates, condamne le « lecteur-témoin » à émettre des hypothèses, et seulement des hypothèses. Ce n’est pas seulement la rigueur scientifique ou historique qui l’impose, mais la prudence et le bon sens. J’ajouterais que, lorsqu’il s’agit d’une affaire à l’étranger, dans une culture éloignée de la nôtre, la prudence devient une nécessité.

Que Jacques-Alain Miller ait pris fait et cause, à des milliers de kilomètres de distance et sans se rendre à aucun moment en Iran, pour son amie et collègue Mitra Kadivar est, bien entendu, son droit le plus strict. Qu’il décide, avec une transparence qui l’honore car c’est un choix risqué, de rendre publique toute la correspondance ayant trait à cette affaire d’internement est une initiative parfaitement respectable. Mais à partir du moment où l’on rend publique une correspondance privée, il faut aussi s’attendre à ce que ce texte soit lu et critiqué, au nom de la liberté d’opinion la plus élémentaire. 

Aussi, afin de pouvoir apporter des éléments qui pourraient éclairer un éventuel caractère diffamatoire de l’article de la SIHPP, je me propose, dans un premier temps, de vous livrer rapidement ma propre lecture de On nous écrit de Téhéran, puis d’analyser l’article en question. 

J’ai lu On nous écrit de Téhéran avec beaucoup d’attention. L’exercice est exigeant, car les deux tiers sont écrits dans un anglais très médiocre, qui gêne parfois la compréhension et rend d’autant plus délicate l’appréciation de ce texte. L’auteur de la préface, qui reconnaît que cet anglais est « véhiculaire », déduit qu’il ne faut pas être un grand connaisseur de la langue de Shakespeare pour comprendre les propos. Je pense exactement le contraire. J’enseigne aux Etats-Unis depuis sept ans et persiste à penser que plus on connaît une langue, moins on risque de se fourvoyer à cause d’approximations sinon indétectables, qui conduisent à de véritables quiproquos. Il y en a d’ailleurs une preuve patente dans un email daté du 20 janvier 2013, où Jacques-Alain Miller déclare ne rien comprendre à une histoire d’enfant que le Dr Kadivar entendait courir au-dessus de chez elle, alors que l’épisode est évoqué dans un email du 15 janvier (2). Cela peut être une étourderie de la part de Jacques-Alain Miller, mais cela peut aussi être un problème linguistique, étant donné que certains passages sont à peine compréhensibles. Dans n’importe quelle affaire, c’est embêtant, mais lorsqu’il s’agit d’une accusation d’internement abusif, cela peut être dramatique.

Outre les problèmes linguistiques, il y a dans l’ensemble du texte un « ton » qui relève de l’exaltation, due sans doute – et de façon compréhensible – à l’urgence et la gravité des faits. Je fais ici allusion à de nombreuses formules hyperboliques et des images dont on appréciera la pertinence. Le Dr Mitra Kadivar est ainsi successivement comparée au général de Gaulle (Jacques-Alain Miller s’identifiant à Churchill), à Jacques Lacan, à Médée, et à Galilée ou au prophète Ali pour l’injustice qui lui faite, enfin au Soleil lui-même contre lequel un « moustique (3)  » comme un psychiatre ne peut rien. L’excès teinte aussi les relations de Jacques-Alain Miller avec Mitra Kadivar, que la préfacière affecte de trouver délicieuses, et qui sont le plus souvent tendues, au bord de la rupture, ou au contraire versent dans un enthousiasme frénétique, où la psychanalyste est portée aux nues comme une « femme forte (4)», une « sauvage », une « vraie femme (5)». 

 Mais la question essentielle demeure de savoir en quoi Jacques-Alain Miller est fondé pour contester une décision médicale prise par pas moins de douze psychiatres des hôpitaux en Iran, geste qui pourrait aussi être assimilé à une ingérence sans fondement. Le doute est d’autant plus permis, que Jacques-Alain Miller affirme par deux fois (dans un email et dans une interview au journal Le Point reproduit dans le livre) que la correspondance qu’il entretient avec Mitra Kadivar apporte la preuve qu’elle n’est pas schizophrène (6). Interrogez n’importe quel étudiant de première année en psychiatrie, et il vous dira qu’une correspondance apparemment « normale » (surtout aussi erratique que celle qui est publiée) ne peut en aucun cas apporter la preuve de quoi que ce soit – la psychose pouvant très bien être masquée derrière un discours cohérent. Nerval et Artaud, entre deux crises d’une extrême violence, ont écrit des lettres parfaitement sensées et accessibles à tous. J’ajoute, pour être complète, qu’à l’inverse, lorsque le Dr Mitra Kadivar affirme que « De la mer Noire à la mer de Chine, je suis la seule (7) [psychanalyste] » ou que son cas est comparé à celui de Galilée, cela pourrait aussi, dans ces conditions posées par Jacques-Alain Miller, apporter la « preuve » que toutes les parties souffrent de mégalomanie et de délire des grandeurs.  

Puisque les faits sont matériellement invérifiables, comme je l’ai rappelé en préambule, nous sommes donc face à une situation de « parole contre parole », parole de Mitra Kadivar contre celle de ses médecins, Jacques-Alain Miller jouant le rôle d’arbitre dans cette lutte dont le véritable enjeu est la parole de la psychanalyse contre celle de la psychiatrie. Je n’entrerai pas dans ce débat, qui nous entraînerait beaucoup trop loin. 

J’en viens maintenant à l’article de la SIHPP. C’est, pour les neuf dixième, une recension fidèle et, je dirais, banale, du contenu du livre, un résumé des étapes importantes de toute cette affaire. C’est un article surtout descriptif, auquel je souscris sans réserve : il y est dit notamment que Jacques-Alain Miller considère les médecins iraniens comme « des incompétents et des geôliers », promet une célébrité planétaire à Mitra Kadivar, qui a bien raison, je cite, de vouloir faire marcher ses gardiens « à la baguette ». Il y est question de contacts avec Laurent Fabius (qui a prudemment refusé de s’engager) et d’une possibilité d’avertir le pape lui-même. Tout cela est exact et conduit l’auteur à mettre en garde le lecteur, sur un mode ironique, de ne pas confondre « un délire à deux » avec une « persécution (8)».

Autrement dit, l’auteur de l’article s’est servi exactement du même droit que s’est octroyé Jacques-Alain Miller : considérer la correspondance publiée comme un document à interpréter et une preuve, non pas de la légitimité d’un internement sur lequel il se garde bien de se prononcer, mais sur la relation de deux personnalités extrêmement fortes, excessives, baroques parfois, et dont on aurait pu croire qu’elles assumeraient leurs débordements puisqu’elles ont décidé de les rendre publics. 

Ma question, qui vaudra conclusion, est très simple : pourquoi Jacques-Alain Miller aurait-il le droit de diffamer des médecins qu’il ne connaît pas et de prononcer un diagnostic « sauvage » sur l’état mental de quelqu’un en se fondant sur quelques emails, quand l’auteur d’un article serait assigné en justice pour avoir eu le seul tort de ne pas partager ses interprétations et ses conclusions ? 

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(1) Laure Murat, L’Homme qui se prenait pour Napoléon. Pour une histoire politique de la folie, Gallimard, 2011. 

(2) On nous écrit de Téhéran. Autour de Mitra Kadivar, Paris, Navarin & Le Champ freudien, 2013, p. 31 et 21.

(3) Ibid., p. 46. 

(4) Ibid., p. 60.

(5) Ibid., p. 54.

(6) « Personne ne croira, dans le monde entier, que vous êtes devenue subitement schizophrène. Il suffit de vous lire. » (Ibid., p. 57, mail du 06/02/2013). « La correspondance qu’elle entretient avec moi depuis la semaine dernière prouve qu’elle n’est nullement schizophrène. » (Ibid., p. 62, Le Point, 07/03/2013)

 (7) Ibid., p. 13.

 (8) « À propos d’un échange entre Jacques-Alain Miller et Mitra Kadivar », article anonyme publié sur le site de la SIHPP, accès au 10/06/2013 : COMMUNIQUES 


Arrêt du jugement du 24 septembre 2014

Téléchargement : cliquer sur le module ci-dessous 

2 avril 2013 Communiqué de la SIHPP

Encore un procès et des invectives de  la part de Jacques-Alain Miller

Au fil du temps, Jacques-Alain Miller, sa famille et les membres de leur école (ECF) ont pris l’habitude de lancer des invectives ad hominem ou de poursuivre devant les tribunaux des auteurs de livres ou de films qui ne partagent pas leur opinion. Il y eut d’abord, en 2011, un procès contre les éditions du Seuil et contre Elisabeth Roudinesco. Il y eut, la même année, un procès intenté par trois membres de l’ECF contre un film sur l’autisme. 

Et voilà que maintenant notre Société est à son tour assignée par Jacques-Alain Miller pour avoir publié en février, dans ses bulletins, des informations et des textes critiques venus de ses correspondants ou de correspondants extérieurs et qui concernent l’hospitalisation à Téhéran, entre fin décembre 2012 et mi-février 2013, du docteur Mitra Kadivar dans le service de psychiatrie du professeur Mohammad Ghadiri, à la suite d’un épisode psychotique.  Parmi ces informations, on trouvera notamment celles de : Foad Saberan, Esmat Torkghashghaei,  Nader Aghakhani, Sophie de Mijolla.

Sont assignés : la présidente de la SIHPP (Elisabeth Roudinesco) et son secrétaire (Henri Roudier).

Membre du CA de la SIHPP, président du Syndicat national des praticiens en psychothérapie et psychanalyse (SNPpsy) et directeur du Centre interdisciplinaire de formation à la psychothérapie relationnelle (Cifpr), Philippe Grauer est également assigné pour avoir diffusé sur son site des informations identiques, diffusées d’ailleurs sur d’autres sites. 

Une défense commune sera élaborée entre les trois personnes assignées. Le procès se tiendra au tribunal de grande instance de Nanterre le 12 juin prochain.


Par ailleurs, nous attirons votre attention sur les propos choquants tenus par Jacques-Alain Miller (Blog du 7 mars 2013) à l’encontre d’Elisabeth Roudinesco, de son enseignement, de son œuvre et de sa collaboration au journal Le Monde.

En voici la teneur : «Quand je pense que, sans mot dire, j’ai laissé des années durant Elisabeth traîner dans la boue chaque Séminaire que je sortais. Je croyais que mon silence était le signifiant de mon mépris. Je me demande s’il n’abritait pas quelque jouissance masochiste. Les maîtres aiment à expier leurs fautes sous le fouet des matrones (le latin pour dire ça m’échappe ce matin). Elle était ma plaie, mon cilice. Ou alors je pensais que c’était la fête à la grenouille, qu’il fallait lui laisser faire des bulles et barboter dans la gadoue, et que tout cela se payerait un jour. Comment savoir ce qu’on pense ? C’est impossible. Il n’y a pas les fausses confidences et les vraies, il n’y a que de fausses confidences. Signé Epiménide. 

Non, car ceci au moins est vrai : Derrida plié en deux me montrant un passage d’elle dissertant de l’influence des Stoïciens sur Platon. Quels efforts cette autodidacte de génie n’aura-t-elle pas fait pour surmonter ses handicaps, et jeter un pont, ou du moins une passerelle, ou un pont de lianes, si ce n’est une corde, entre elle et la culture. A tout prendre, elle a plus de mérites que ceux qui sont tombés dans la marmite à la naissance. Le cru et le cuit : parmi les civilisés elle reste une sauvage. Elle fait peur. Et quelle constance ! Trente ans qu’elle tient sa position au Monde. Elle est tapie dans le clocher de l’église de Saint-Germain des Près, et tire sur tout ce qui bouge. Et même sur ce qui ne bouge pas, car de temps à autre elle lâche une rafale sur la dépouille de Lacan.»


Face à ce déferlement, Pierre Delion et Olivier Douville ont rédigé un appel collectif en faveur d’Elisabeth Roudinesco qui a déjà été signé par de nombreuses personnalités. Nous vous invitons à les rejoindre.

La SIHPP, avec le soutien de la Bibliothèque Henri Ey et de l’hôpital Sainte-Anne, considère qu’il s’agit là d’un combat en faveur de la liberté d’expression.

 

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For a long time now, Jacques-Alain Miller, his family and members of their school (ECF) have gotten into the habit of letting out ad hominem invectives or suing anyone authoring a book or a film that does not share their opinions. It started in 2001 with a lawsuit against Le Seuil publishers and against Elisabeth Roudinesco. Then again the same year a lawsuit by three members of the ECF against a film on autism.

And now, our Society is being summoned by Jacques-Alain Miller for publishing in its February bulletins information and critical texts penned by its correspondents and external correspondents about the hospitalization in Tehran of Doctor Mitra Kadivar. She stayed in the Psychiatric ward of Professor Mohammad Ghadiri from the end of December 2012 to mid-February 2013 after a psychotic episode. Some of the information comes from: Foad Saberan, Esmat Torkghashghaei,  Nader Aghakhani, Sophie de Mijolla.

The summons concerns the chairperson of SIHPP (Elisabeth Roudinesco) and its secretary (Henri Roudier).

Philippe Grauer also received a summons for giving on his website the same information, which can also be found on other websites. Mr Grauer is a Board member of SIHPP, chairperson of the Syndicat national des praticiens en psychothérapie et psychanalyse (SNPpsy) and Director of the Centre interdisciplinaire de formation à la psychothérapie relationnelle (Cifpr).

The three summoned persons will prepare their defense jointly. The date for the lawsuit at the Nanterre Court house is June 12th 2013.


Furthermore, we would like to draw your attention to the shocking words written by Jacques-Alain Miller (Blog of March 7th 2013) against Elisabeth Roudinesco, against her teachings, her writings and her collaboration with the newspaper Le Monde.

We are quoting the following : «Quand je pense que, sans mot dire, j’ai laissé des années durant Elisabeth traîner dans la boue chaque Séminaire que je sortais. Je croyais que mon silence était le signifiant de mon mépris. Je me demande s’il n’abritait pas quelque jouissance masochiste. Les maîtres aiment à expier leurs fautes sous le fouet des matrones (le latin pour dire ça m’échappe ce matin). Elle était ma plaie, mon cilice. Ou alors je pensais que c’était la fête à la grenouille, qu’il fallait lui laisser faire des bulles et barboter dans la gadoue, et que tout cela se payerait un jour. Comment savoir ce qu’on pense ? C’est impossible. Il n’y a pas les fausses confidences et les vraies, il n’y a que de fausses confidences. Signé Epiménide. 

Non, car ceci au moins est vrai : Derrida plié en deux me montrant un passage d’elle dissertant de l’influence des Stoïciens sur Platon. Quels efforts cette autodidacte de génie n’aura-t-elle pas fait pour surmonter ses handicaps, et jeter un pont, ou du moins une passerelle, ou un pont de lianes, si ce n’est une corde, entre elle et la culture. A tout prendre, elle a plus de mérites que ceux qui sont tombés dans la marmite à la naissance. Le cru et le cuit : parmi les civilisés elle reste une sauvage. Elle fait peur. Et quelle constance ! Trente ans qu’elle tient sa position au Monde. Elle est tapie dans le clocher de l’église de Saint-Germain des Près, et tire sur tout ce qui bouge. Et même sur ce qui ne bouge pas, car de temps à autre elle lâche une rafale sur la dépouille de Lacan.»

 

Faced with this onslaught, Pierre Delion and Olivier Douville have drafted a collective appeal in favor of Elisabeth Roudinesco that has already been signed by many prominent figures. We call upon you to join them.

The SIHPP, with the support of the Henri Ey Library and Sainte-Anne Hospital consider that it is a fight in favor of the freedom of expression.

 

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Comunicado de la SIHPP

Otra demanda e invectivas por parte de Jacques-Alain Miller


  

Ya hace algún tiempo que Jacques-Alain Miller, la familia del mismo y los miembros de su escuela (ECF), han tomado la costumbre de lanzar invectivas ad hominem o perseguir ante los tribunales a los autores de libros o películas que no comparten su opinión. En un primer momento, en 2011, tenemos el juicio contra la casa editorial Le Seuil y contra Elisabeth Roudinesco. Después, en ese mismo año, una acción judicial emprendida por tres miembros de la ECF contra una película sobre el autismo.

 Y ahora resulta que Jacques-Alain Miller demanda a nuestra Sociedad, por haber publicado el mes de febrero pasado en sus boletines, textos críticos e información enviada por corresponsales nacionales o extranjeros de nuestra Sociedad, relativos a la hospitalización entre finales de diciembre 2012 y mediados de febrero 2013, en Teherán, de la doctora Mitra Kadivar en el servicio de psiquiatría del Dr. Mohammad Ghadiri, tras haber sufrido un trastorno psicótico. Las informaciones recibidas provienen entre otros de: Foad Saberan, Esmat Torkghashghaei,  Nader Aghakhani, Sophie de Mijolla. Son demandados ante la justicia: la presidente de la SIHPP (Elisabeth Roudinesco) y su secretario (Henri Roudier).

El Sr. Philippe Grauer, Miembro del comité directivo de la SIHPP, presidente del Syndicat national des praticiens en psychothérapie et psychanalyse (SNPpsy) y director del Centre interdisciplinaire de formation à la psychothérapie relationnelle (Cifpr), también fue enjuiciado por haber publicado en su sitio internet informaciones del mismo orden, que de hecho aparecen en otros sitios internet. 

Los tres miembros demandados de la SIHPP prepararán una defensa común. El juicio  tendrá lugar en el Tribunal de gran instancia de Nanterres, el 12 de junio de este año.


Por otra parte, cabe señalar las declaraciones vergonzosas por parte del Sr. Miller (Blog del 7 de marzo de 2013), contra Elisabeth Roudinesco, su enseñanza, su obra y su colaboración en el periódico Le Monde. 

Contenido :  «Quand je pense que, sans mot dire, j’ai laissé des années durant Elisabeth traîner dans la boue chaque Séminaire que je sortais. Je croyais que mon silence était le signifiant de mon mépris. Je me demande s’il n’abritait pas quelque jouissance masochiste. Les maîtres aiment à expier leurs fautes sous le fouet des matrones (le latin pour dire ça m’échappe ce matin). Elle était ma plaie, mon cilice. Ou alors je pensais que c’était la fête à la grenouille, qu’il fallait lui laisser faire des bulles et barboter dans la gadoue, et que tout cela se payerait un jour. Comment savoir ce qu’on pense ? C’est impossible. Il n’y a pas les fausses confidences et les vraies, il n’y a que de fausses confidences. Signé Epiménide. 

Non, car ceci au moins est vrai : Derrida plié en deux me montrant un passage d’elle dissertant de l’influence des Stoïciens sur Platon. Quels efforts cette autodidacte de génie n’aura-t-elle pas fait pour surmonter ses handicaps, et jeter un pont, ou du moins une passerelle, ou un pont de lianes, si ce n’est une corde, entre elle et la culture. A tout prendre, elle a plus de mérites que ceux qui sont tombés dans la marmite à la naissance. Le cru et le cuit : parmi les civilisés elle reste une sauvage. Elle fait peur. Et quelle constance ! Trente ans qu’elle tient sa position au Monde. Elle est tapie dans le clocher de l’église de Saint-Germain des Près, et tire sur tout ce qui bouge. Et même sur ce qui ne bouge pas, car de temps à autre elle lâche une rafale sur la dépouille de Lacan.»

 

Ante esta explosión verbal, Pierre Delion y Olivier Douville redactaron un llamamiento colectivo a favor de Elisabeth Roudinesco, que ya han firmado numerosas personalidades. Les invitamos a unirse a ellos.

La SIHPP, con el apoyo de la Biblioteca Henri Ey y el Hospital Sainte-Anne, considera que se trata de un combate en defensa la libertad de expresión. 


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Appel collectif de soutien à Elisabeth Roudinesco

Nous soussignés, dénonçons les propos tenus à l’encontre d’Elisabeth Roudinesco par Jacques-Alain Miller dans son blog du 7 mars 2013 ainsi que le nouveau procès qu'il lui intente aujourd’hui en tant que présidente de la Société internationale d'histoire de la psychiatrie et de la psychanalyse (SIHPP) à propos de  « l'affaire Mitra Kadivar ». Elisabeth Roudinesco est une grande historienne qui tient avec succès un séminaire à l’Ecole normale supérieure, et dont l’oeuvre est connue dans le monde entier. Elle a toujours relayé les demandes de soutien pour aider les psychanalystes, psychiatres et intellectuels persécutés dans leur pays (notamment Rafah Nached et Raja Benslama). Et rien n’indique qu’il s’agisse dans l’affaire Kadivar d'une telle situation. De nombreux témoignages produits par des psychiatres iraniens sont là pour en attester. L'utilisation de procédures judiciaires et d’invectives en lieu et place du débat intellectuel est indigne d’une société démocratique. Nous appelons tous les psychanalystes, psychiatres ainsi que toutes les personnes qui se sentent concernées à signer cet appel de soutien à Elisabeth Roudinesco.


Initiateurs

Pierre Delion (professeur des universités à la faculté de médecine de Lille 2, chef du service de pédopsychiatrie du CHRU de Lille, psychanalyste) 

Olivier Douville (psychanalyste, maître de conférences Université de Paris-Ouest Nanterre, Université Paris 7- Denis Diderot)

 

Premiers signataires

Elisabeth Badinter (philosophe, écrivain). 

Jean-Pierre Sueur (sénateur). 

Michel Wieviorka (sociologue, directeur d’études à EHESS). 

Jacques Le Rider (germaniste, historien, directeur d’études à l’EPHE). 

Catherine Clément (philosophe, écrivain). 

Michelle Perrot (historienne, professeur émérite, Université deParis VII).  

Georges Vigarello (historien, directeur d’études, EHESS). 

Gilles Pécout (historien, directeur du département d’histoire de l’Ecole normale supérieure). 

Fethi Benslama (psychanalyste, professeur de psychopathologie à l’Université de Paris 7-Denis Diderot). 

Gilles Perrault (écrivain). 

Pierre Zaoui (philosophe, maître de conférence en lettres à l’Université de Paris 7-Denis Diderot). 

Henri Rey-Flaud (psychanalyste, professeur émérite à l’Université de Montpellier). 

Chawki Azouri (psychiatre, psychanalyste, chef de service, Hôpital Mont-Liban, Beyrouth). 

Julia Borossa (historienne, directrice de programme en psychanalyse, Université de Middlesex, Londres). 

Laure Murat (historienne, professeur au département d'études françaises et francophones de UCLA, Californie). 

Patrice Chemla (psychiatre des hôpitaux, chef de clinique à l’hôpital Henri Ey, Reims). 

Catherine Vanier (psychanalyste, membre d'Espace analytique). 

Alain Vanier (psychiatre, psychanalyste, professeur de psychopathologie, Université de Paris VII). 

Jean Michel Rabaté (professeur de langue et de littérature comparée à l’Université de Pennsylvanie, Philadelphie). 

Antoine Courban (professeur d’histoire et philosophie des sciences biomédicales, chef du département de Médecine et Humanités, Université Saint Joseph de Beyrouth). 

Jacques Hochmann (psychiatre, psychanalyste, membre de la Société psychanalytique de Paris). 

Jean-Louis Desmeure (chargé de mission pour le livre au Ministère des affaires étrangères). 

Serge Tisseron (psychiatre, psychanalyste, docteur en psychologie, Université de Paris-Ouest Nanterre). 

Patrick Guyomard (psychanalyste,professeur de psychopathologie, Université de Paris VII, membre fondateur de la Société de psychanalyse freudienne).

François Pommier (psychiatre, psychanalyste, professeur à l'Université Paris-Ouest – Nanterre, membre du CNU, section 16). 

Catherine David (écrivain, journaliste). 

Per Magnus Johansson (psychanalyste, historien, Université de Göteborg, membre d'honneur de la Société suédoise de psychanalyse affiliée à l’IPA).

C. Lucia Valladares (psychanalyste, professeur à la PUC-SP, Brésil). 

Caterina Koltai (psychanalyste, professeur émérite à la PUC-SP, Brésil). 

Frédéric Forest (docteur en sciences politiques, chercheur associé à Paris VII, administrateur civil). 

Denis Reserbat-Plantey (auteur et réalisateur audiovisuel). 

Martine Bacherich-Granoff (psychanalyste, membre de la Société de psychanalyse freudienne). 

Anny Combrichon (psychiatre, psychanalyste, Lyon). 

Jean Piel (historien, professeur émérite, Université de Paris VII). 

Paul Lacaze (psychiatre, ALPHA psy). 

Jean Garrabé (psychiatre, historien de la psychiatre, membre de L’Evolution psychiatrique). 

Didier Cromphout (psychiatre, psychanalyste, expert auprès des tribunaux, Bruxelles). 

Guy Sapriel (psychiatre, psychanalyste, président de Espace analytique). 

Hervé Bokobza (psychiatre, psychanalyste, co-initiateur de l’appel des 39 contre la nuit sécuritaire). 

Mario Cifali (psychanalyste, écrivain, journaliste, Genève). 

Henri Deluy (écrivain). 

Ignacio Garaté Martinez (psychanalyste, docteur en sciences de l’éducation, membre de Espace analytique). 

Radmila Zygouris (psychanalyste, Fédération des ateliers de psychanalyse). 

Gilles-Olivier Silvagni (psychanalyste). 

Dominique Claudet (sociologue). 

Françoise Wilder (psychanalyste, ancienne chargée de cours à la faculté de médecine de Montpellier). 

Marie-Laure Dimon (psychanalyste et anthropologue, Collège international de psychanalyse et d’anthropologie, CIPA). 

Pascale Hassoun (psychanalyste, membre du cercle freudien). 

Mireille Cottin (assistante sociale en psychiatrie)

Jack Droulout (membre du CA de l’association Jenny Aubry). 

François Bing (psychiatre, psychanalyse, responsable d'un séminaire d'histoire de la psychiatrie, Hôpital Sainte-Anne). 

Joseph-Lê Ta Van (psychanalyste, membre administrateur de Acte-Psychanalytique asbl, Bruxelles). 

Monique Selim (anthropologue, directrice de recherches IRD, responsable de l'axe Travail et Mondialisation .UMR 201 Développement et sociétés  IRD/P1). 

Aurora Gentile (psychanalyste, membre de la Societé Italienne de psychothérapie psychanalytique. Naples). 

Maria Izabel Oliveira Szpacenkopf (psychanalyste, membre d’Espace Analytique, chercheur au Latesfip /Université de São Paulo - Rio de Janeiro, Brésil). 

Nader Aghakhani (psychanalyste, Croix-Rouge Française, Paris). 

Houchang Guilyardi (psychanalyste, ancien psychiatrie des hôpitaux, président de Ravan Pajouhan, président de l’Association Psychanalyse et Médecine). 

Patrick de Neuter (professeur émérite à l'Université de Louvain, psychanalyste membre d’Espace analytique de France et de Belgique et Fondation européenne pour la psychanalyse). 

Nicole Stryckman (psychanalyste, Belgique)

Franck Lelièvre (philosophe)

Daniel Lemler (psychanalyste et psychiatre, chargé d'enseignement à l'Université de Strasbourg)





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Février 2013 A propos de l'affaire Kadivar

Deux communiqués de la SIHPP

COMMUNIQUE DE LA SIHPP



Paris le 11 février 2013

Chers amis

 

Après une enquête menée par plusieurs psychanalystes français auprès de leurs collègues iraniens, il apparaît que Mitra Kadivar, psychanalyste iranienne francophone, membre de l'Ecole de la cause freudienne, a été hospitalisée à Téhéran  dans le service du professeur Mohammad Ghadiri  à la suite d'un épisode psychotique et qu'elle a été soignée à l'aide de neuroleptiques classiques. Il ne s'agit pas d'un internement abusif qui serait  lié à une position politique qu'elle aurait prise. Les psychanalystes iraniens avec lesquels les psychanalystes français sont en contact, dont Olivier Douville et plusieurs autres,  sont inquiets des conséquences que peut avoir pour eux et pour le professeur Ghadiri, éminent clinicien tenu au secret professionnel, la pétition orchestrée par Jacques Alain Miller, signée par des célébrités et visant à présenter la souffrance réelle de Madame Kadivar, personnalité fragile, comme un acte de résistance à l'encontre des islamistes.  Il n'en n'est rien. Et aux dernières nouvelles, elle serait sortie de l'hôpital dans des conditions parfaitement normales.

Voici la lettre qui a été adressée par Nader Aghakhani, psychanalyste et psychologue iranien à plusieurs psychanalystes et à moi-même : il nous demande de tenir compte de la situation particulière de l'exercice de la psychanalyse en Iran. Rappelons qu'il existe  en Iran plusieurs groupes psychanalytiques de différentes tendances. Leur histoire est connue et nous ne doutons pas qu'il sera possible de les soutenir.

En attendant de nouvelles informations, nous croyons nécessaire de diffuser largement ce que nous savons déjà de cette affaire….

 

Elisabeth Roudinesco, Présidente de la SIHPP

Henri Roudier,  Secrétaire de la SIHPP

 

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De : nader aghakhani. Objet : à propos de Mme Kadivar

Bonjour à tous

En effet J A Miller et ses amis se sont  un peu trop précipités pour faire une question politique de la souffrance de Mme Kadivar et peut être contrairement à ce qu'ils peuvent prétendre à l'encontre de la psychanalyse en Iran. Je m'explique: 

Je viens de parler avec un psychiatre psychanlyste en Iran que j'ai déjà rencontré plusieurs fois lors de mes voyages en Iran (voir mon article psychologie clinique). Il ne veut pas être sité et ça se comprend. Il est allé à l'hopital où est interné Mme Kadivar et avec tout le respect qu'il doit au médecin qui la traite il s'est renseigné. Elle traverse une épisode psychotique et c'est pour cela qu'elle est à l'hopital. En aucun cas il ne s'agit d'une affaire politique. Rendre politique cette affaire et je site mon contacte c'est ne pas rendre service à la psychanalyse en Iran. Il a même coseillé au médecin de faire sortir Mme Kadivr dés que son état le lui permet pour qu'elle puisse retourner en France et que cette affaire ne prenne pas beaucoup d'ampleur. A nous de voir comment on peut aider les psychanalystes en Iran et surtout ne pas enflammer les politiques qui pourraient pas la suite prendre des mesures à l'encontre de cette pratique et ces praticiens en Iran. 

J'attend des propositions de mon contact en Iran qui va se réunir avec d'autres collegues et nous dire ce qu'ils souhaiteraient que l'on fasse pour les soutenir de notre côté. Il se préoccupe aussi de l'état de Mme Kadivar par l'intermédiaire du médecin de l'hopital où elle est internée.

Amitiés 

 Nader Aghakhani, Docteur en psychologie, psychanalyste

 

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2013-02-13 COMMUNIQUE de la SIHPP 

 

Comme nous l’avions annoncé dans un précédent communiqué, nous apprenons que Mitra Kadivar est sortie de l’hôpital où elle avait été internée, après  un épisode psychotique. Elle a été normalement traitée, compte-tenu de son état, et elle est sortie dans des conditions normales.

 Par ailleurs, nous publions ici le résumé d’un document, résumé qui nous a été adressé par un de nos correspondants. 

Bien à vous

Henri Roudier

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A propos d'un échange entre Jacques Alain  Miller et Mitra Kadivar

 

Un document de 70 pages vient d’être rendu public sur le site de LQ et sous le titre On nous écrit de Téhéran. Il s'agit de tous les échanges entre J.A Miller (du 12 décembre 2012 au 8 février 2013) et Mitra Kadivar, médecin et psychanalyste de son école (Ecole de la cause freudienne). Celle-ci a été internée pour un épisode psychotique (schizophrène) dans un hôpital psychiatrique de Téhéran, après un trouble à l'ordre public et des plaintes de ses voisins car elle voulait installer chez elle, dans son appartement privé, un centre pour toxicomanes. On y apprend qu'elle se pense, de la Mer noire à la Mer de Chine, la plus grande psychanalyste du monde et refuse d’être comparée à Rafah Nached qui ne serait pas une vraie psychanalyste.  

           Miller s’adresse à elle sur un mode maniaque et se fâche tout rouge, la menace de ne plus la contacter quand elle manifeste un désaccord, tout en jouant au psychanalyste protecteur. Il annonce tout ce qu'il va faire pour la sortir de sa geôle : appeler les ambassades, puis le Ministère français des Affaires étrangères (directement Laurent Fabius), et enfin les responsables des droits de l'homme, etc... Il cite plusieurs noms de psychanalystes et psychiatres iraniens, donne des leçons de clinique à l’un des psychiatres qui a pris en charge Mitra. 

    L'objectif de ce texte est de montrer que la cure par mails façon lacano-Miller est un "miracle" qui permet à Mitra de renaître, de ne plus prendre de médicaments et donc d'échapper à un traitement jugé inutile et nocif. Moyennant quoi, le jeune psychiatre qui l'a prise en charge et le professeur Mohammad Ghadiri, chef du service de psychiatrie de l’Ecole de médecine de Téhéran, apparaissent  comme des incompétents et des geôliers qui ont donné à leur "victime" un poison  dont elle doit se débarrasser (de l’halopéridol, neuroleptique classique utilisé dans le monde entier contre les psychoses). Miller veut faire venir Mitra  à Paris...Tout au long du dialogue, Ghadiri est accusé d'avoir inventé un faux diagnostic en vue d'un internement abusif. Miller  fait de Mitra, avec sa complicité, une opposante lacano-lacanienne en lutte contre un pouvoir dictatorial. Mais Ghadiri est également sollicité pour délivrer une autorisation afin de faire venir de France une délégation de psychiatres et de psychanalystes de l’ECF : il s’agit d’éclaircir les «malentendus». On est très déférent et très gentil avec lui. On ne le voit jamais intervenir vraiment dans cet échange.

Puis Miller menace encore Mitra de rompre toute relation si elle ne se soumet pas à ce qu’il dit. Elle proteste en affirmant qu’on la traite mal dans «Lacan Quotidien» et dit qu’elle se sait folle parce qu’elle a tenté de faire comprendre aux Iraniens qu’il ne faut pas faire de psychodrames ou de psychothérapies mais seulement de la psychanalyse.

 JA Miller fait  des miracles» politico-cliniques en  libérant Mitra de sa folie induite par le psychiatre, par les médicaments, par le contexte iranien. Il lui dit qu’elle est aussi géniale que Lacan ou que Judith, la fille de celui-ci, qu’elle peut faire marcher ses «gardiens» à la baguette et que bientôt elle sera célèbre grâce à une pétition. Le texte de ces échanges rédigés en français et en anglais, est présenté comme un document brut d'une grande valeur littéraire. On peut en douter. Mais au nom de cette «littérature», on a fait signer, à partir du 25 janvier 2013 et à l'aveuglette, une pétition à l'élite intellectuelle et politique française et internationale : il ne manque plus que les signatures de tous les présidents de la planète ainsi que celle du nouveau Pape. On se demande comment tant de célébrités ont pu se laisser berner en prenant un délire à deux pour une persécution.

 

 



25/02/2013 Des nouvelles de Tunisie

Bulletin de la SIHPP


Chers amis

Vous trouverez ci-dessous deux communiqués qui montrent que la solidarité s'organise en Tunisie autour de  Raja Ben Slama. Elle n'est pas seule à ne pas se laisser intimider par les gens au pouvoir actuellement. 

On peut également signer   la pétition mise en ligne  par Fethi Ben Slama : 


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A la suite du mandat d’amener lancée contre Raja Ben Slama, professeur à la la Faculté des lettres, des Arts et des humanités de la Manouba, le 21 février 2013 et des poursuites judiciaires engagées contre elle, sur la base d’une loi abrogée après la Révolution, pour un délit d’opinion en relation avec une critique adressée à un constituant du parti Ennnadha sur un plateau de télévision , l’Association tunisienne de défense des valeurs universitaires et le syndicat de base de la Faculté des lettres, des Arts et des humanités de la Manouba appellent les universitaires, les associations de la société civile à un meeting de solidarité avec Raja Ben Slama et de protestation contre cette nouvelle instrumentalisation de la justice le mardi 26 février 2012 à 12h30 à la salle Hassan Hosni Abdelwahab qui prendra les mesures susceptibles de mettre fin à ces poursuites.


Pour le syndicat de base Khaled Nouicer

Pour l’ATDVU Habib Mellakh


Tunis, le 25 février 2013

Après le mandat d’amener lancé contre la professeure Raja Ben Slama, l’Association tunisienne de défense des valeurs universitaires dénonce cette décision et exprime sa solidarité avec la professeure menacée d’arrestation

Un mandat d’amener a été lancée contre   l’universitaire Raja Ben Slama, professeur de littérature arabe à la Faculté des lettres, des arts et des humanités de la Manouba, le 21 février 2013 et elle a été informée que des poursuites judiciaires avaient été engagées contre elle sur la base d’une loi abrogée après la Révolution,   pour un délit d’opinion en relation avec une critique adressée à un constituant du parti Ennnadha.

Face à cette décision grave qui porte atteinte à la liberté d’expression et qui vise à réduire au silence les voix libres, l’Association tunisienne de défense des valeurs universitaires exprime sa solidarité sans faille avec  Raja Ben Slama et  dénonce ce nouveau procès qui s’ajoute à la liste des poursuites judiciaires intentées contre plusieurs intellectuels et créateurs et particulièrement Habib Kazdaghli, doyen de la Faculté des lettres, des arts et des humanités de la Manouba. 

Elle considère le recours à ce genre de poursuites comme une nouvelle tentative de la part des autorités  d’instrumentaliser   la justice et de l’impliquer dans des controverses intellectuelles, un soutien, une couverture aux campagnes savamment orchestrées menées par certaines parties pour porter atteinte à la liberté d’opinion et museler l’intelligentsia tunisienne et leur légitimation. 

Elle appelle, pour toutes ces raisons, les autorités concernées à l’abandon  de toutes les poursuites à l’encontre de Raja Ben Slama, de tous les universitaires et les créateurs tunisiens.


Pour le bureau de l’Association tunisienne de défense des valeurs universitaires : Habib Mellakh